EXTRAIT DU SITE DE LA ROSECROIX


A L'AUBE DE LA CONSCIENCE HUMAINE



Depuis que l'homme est apparu sur Terre, il n'a cessé d'être confronté aux mystères de sa propre
nature et de son environnement. Pendant des milliers d'années, son existence s'est pratiquement
limitée à la préservation de son bien-être physique. A l'aube de la préhistoire, il vivait jour et nuit
dans la peur d'être dévoré par les animaux sauvages, de périr sous le déchaînement des éléments
naturels ou d'être tué par l'un de ses semblables. Incapable de réfléchir sur le passé pour mieux
envisager l'avenir, sa mémoire et son imagination étaient prisonnières d'un éternel présent. Quant
à l'espace qui servait de cadre à son activité consciente, il était à la mesure de ce qu'il pouvait en
percevoir au moyen de ses sens. L'horizon marquait les limites de son monde terrestre, et la voûte
des cieux celles de son univers céleste. Mais le temps est le maître de l'évolution, et finalement, au
terme de nombreuses générations, l'homme parvint à exercer un semblant de maîtrise sur son
milieu et à accéder définitivement à un statut supérieur à celui de l'animal.         
À l'aube de sa conscience,
l'homme primitif cherchait déjà à comprendre les mystères auxquels
il était confronté.
La découverte du feu fut probablement l'événement qui révolutionna le plus la vie de l'homme
préhistorique, car elle lui apporta un bien-être inestimable, tant sur le plan physique qu'émotionnel.
En effet, il put vaincre les ténèbres, se réchauffer lorsqu'il avait froid, faire cuire sa nourriture, se
protéger plus efficacement contre les prédateurs et prolonger ses heures de veille.
Progressivement, la crainte dans laquelle il vivait constamment céda la place à un sentiment de
sécurité. C'est alors qu'il prit le temps de méditer sur la place qu'il occupait dans l'univers et sur le
sens qu'il pouvait donner à la naissance, à la vie et à la mort. Graduellement, il s'éveilla à la
conscience de soi et commença, sans le savoir vraiment, à fouler le sentier du « Connais-toi
toi-même ». Autrement dit, il s'initia à son âme et posa en lui les fondements de sa propre évolution
spirituelle.
De nombreux siècles ont passé depuis la première fois que l'homme a compris qu'il était bien autre
chose qu'une simple créature vivante. Cependant, les questions qu'il continue à se poser sur le
pourquoi et le comment de son existence ne trouvent toujours pas de réponses satisfaisantes.
Certes, la science est désormais capable de nous expliquer la plupart des processus
physiologiques qui rendent possible la vie organique d'un être humain, depuis le moment de sa
conception jusqu'à celui de sa mort. Mais elle n'est toujours pas en mesure de dire précisément ce
qui fait suite au dernier souffle. Or, nul ne peut nier que le départ vers l'au-delà constitue l'une des
plus grandes énigmes qui se soient posées à la conscience humaine. En cela, nous pouvons
affirmer que la mort est véritablement le mystère des mystères.



De la naissance à la mort

Pour nos lointains ancêtres, il ne fait aucun doute que la naissance d'un enfant était un événement
miraculeux qui suscitait à la fois leur admiration et leur crainte. Faute de pouvoir la comprendre et
l'expliquer, ils l'attribuaient à un esprit invisible qui avait pris possession du corps de la femme et
qui le quittait à un moment donné sous la forme d'un enfant. Le phénomène de la mort devait les
rendre encore plus perplexes, car, à l'opposé de la naissance, il s'accompagnait d'une inertie totale
et définitive. Imaginez ce que l'homme primitif a pu ressentir lorsqu'il a été confronté pour la
première fois à la naissance d'un enfant ou à la mort de l'un des siens ! Dans les deux cas, il en
résulta une expérience intérieure considérable. Plus jamais, par la suite, il ne put oublier ce qu'il
avait vu et ressenti dans ces circonstances.
Au cours de son évolution, l'homme en vint à comprendre que lui-même avait dû naître de la même
manière qu'il l'avait vu faire. D'autre part, il en arriva à présumer que lui aussi mourrait un jour et
sombrerait dans l'état de complète inertie qu'il avait pu observer chez les autres. Le fait qu'il ait eu
une naissance ne l'affecta probablement pas autant que le pressentiment qu'il aurait une mort, car
il avait pu voir par lui-même ce qui faisait suite à la première, alors qu'il n'avait aucune idée de ce
qui se passait après la seconde. La fin de la vie terrestre devint ainsi l'un des plus grands mystères
pour l'homme, et elle l'est encore de nos jours. Si tel est le cas, c'est parce qu'elle mène vers
l'inconnu et contient en elle-même la réponse à la question fondamentale que nous nous posons
tous, à savoir : « Pourquoi sommes-nous sur cette Terre ? ».


Les chaînes du matérialisme

La plupart de ceux qui ont une conception matérialiste de l'existence envisagent la mort d'une
manière négative, car ils ne voient aucune raison de l'appréhender autrement. Considérant que
l'homme se réduit à un corps de chair animé par certaines fonctions physico-chimiques et contrôlé
par une conscience purement cérébrale, ils limitent la vie humaine à un processus mécanique qui
connaît une fin définitive avec l'arrêt de ces fonctions et l'annihilation de cette forme de conscience.
Autrement dit, ils pensent que la mort ne mène qu'au néant. Par ailleurs, ils ont le sentiment que le
destin de chacun est déterminé par le hasard et que l'humanité évolue uniquement sous l'effet d'un
instinct de survie collectif.
Pour celui qui nie la dimension spirituelle de l'être humain, tout, sur la scène de l'existence, est le
théâtre de l'injustice et de l'incohérence. S'il en est ainsi pour lui, c'est parce qu'il vit constamment
dans le monde des effets et se maintient lui-même dans la plus totale ignorance du royaume des
causes. Autrement dit, il ne comprend pas que l'univers d'illusions et d'apparences dans lequel il se
débat procède d'une Réalité cosmique où règnent l'ordre et l'harmonie. De ce fait, il est incapable
de saisir que le visible est en fait une émanation de l'invisible, et le fini une extension de l'infini.
Prisonnier de la raison, il construit sa vie sur des bases qu'il juge rationnelles mais qui, pourtant,
sont aussi fragiles que les idéaux qu'il poursuit. Il voit les jours s'écouler inexorablement et marche
avec angoisse vers la mort, cette échéance ultime qu'il a portée comme une croix tout au long de
sa vie.          
L'un des plus grand mystères auxquels les hommes primitifs furent confrontés fut celui de la mort. Il
en est toujours de même pour les hommes d'aujourd'hui.
FREEMASON    LB